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Réparer un cœur brisé : le scanner peut aider les médecins à traiter les maladies cardiaques

Une nouvelle étude dévoile une solution non invasive pour aider les cardiologues à diagnostiquer et à traiter les maladies cardiaques

Ce n’est pas sans raison que les maladies coronariennes restent la première cause de décès dans la plupart des pays. Lorsqu’une des artères principales du cœur se bouche, la circulation sanguine s’interrompt et survient une crise cardiaque sévère à laquelle peu de personnes survivent. Aux États-Unis, les maladies coronariennes sont la principale cause de décès chez les hommes comme chez les femmes. Selon les estimations, la moitié des hommes de 40 ans et un tiers des femmes de 40 ans en bonne santé finiront par développer cette maladie. Chez les patients atteints d’une forme sévère et complexe de maladie coronarienne, la ciné-angiographie invasive permet de visualiser l’anatomie coronarienne et de guider les décisions thérapeutiques. Cependant, une nouvelle étude démontre qu’un simple scanner, bien moins invasif, peut être tout aussi efficace. L’efficacité du diagnostic et du traitement des maladies coronariennes est une priorité en matière de recherche cardiovasculaire en raison de la hausse du nombre de cas, et l’importance du scanner n’a cessé de croître. « Les résultats de ces essais auront des répercussions extrêmement importantes », confie le professeur Patrick W. Serruys, chercheur et responsable de l’étude. « Au cours des dix prochaines années, l’imagerie par tomodensitométrie multicoupe, plus largement appelé scanner, deviendra l’outil de diagnostic privilégié pour l’examen anatomique et l’évaluation fonctionnelle du cœur. La recherche est actuellement en passe de concrétiser ce projet. » Dans le cadre d’un essai mené par l’Institut de recherche cardiovasculaire européen (European Cardiovascular Research Institute ou ECRI) et publié dans le European Heart Journal, il a été demandé à deux équipes, composées de manière aléatoire par un cardiologue, un chirurgien cardiaque et un radiologue, d’émettre des recommandations thérapeutiques pour 223 patients. L’une des équipes a examiné les données fournies par le scanner pour émettre ses recommandations thérapeutiques. La deuxième équipe a utilisé les informations obtenues à partir de l’angiographie coronarienne invasive. L’étude a révélé que les équipes s’étaient prononcées « de manière quasi unanime » sur les mêmes approches thérapeutiques, prouvant ainsi qu’un examen tomodensitométrique moins invasif était tout aussi efficace que la ciné-angiographie conventionnelle. Dans cette étude [1], 84 % des chirurgiens participant à l’essai ont même confirmé pouvoir pratiquer une opération sur la seule base des résultats du scanner. « Les chirurgiens ayant participé à l’enquête ont indiqué qu’ils pouvaient voir plus de choses sur un scanner multi-coupe qu’en utilisant l’angiographie conventionnelle », explique le professeur Serruys. Pour le professeur Serruys, cet examen peut permettre aux cardiologues de déterminer plus vite l’étendue de la maladie coronarienne (que celle-ci affecte un ou plusieurs vaisseaux sanguins) et de prendre des décisions thérapeutiques sur la base de ces informations, sans recours aux techniques invasives. « Si un chirurgien peut opérer en toute sécurité les patients présentant les cas les plus complexes de triple valvulopathie uniquement grâce aux scanners, ce sera un grand pas en avant », dit-il. La prochaine étape portera sur les résultats d’un essai mené sur 100 patients et consistera à voir ce qu’il se passe dans les cas où les équipes ont recours soit au scanner, soit aux techniques de l’angiographie coronarienne. [1] Cardialysis. « Theoretical Feasibility of Planning CABG based only on Coronary CTA and FFRCT : A Survey of the Surgeons involved in the Randomized Syntax III Revolution Trial. » Janvier 2018. Données brutes non publiées.