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Une base de données inédite sur le Covid-19 pour développer des outils d’intelligence artificielle

Le scanner thoracique est un examen important dans la prise en charge des patients atteints du COVID-19. Il est utilisé pour le diagnostic et le suivi des patients car il permet d’évaluer l’étendue des lésions pulmonaires causées par le virus.

Cheffe de l’unité d’imagerie cardiothoracique de l’hôpital Cochin, le Professeur Marie-Pierre Revel vient de lancer un projet de recherche clinique inédit sur le Covid-19 dans lequel cet examen d’imagerie joue un rôle crucial, et qui va certainement nous en apprendre davantage sur la maladie et son pronostic.

 

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« L’intérêt du scanner est d’identifier précocement les signes de la maladie et d’en évaluer l’étendue. » explique le Professeur Revel. « Mais il donne également d’autres informations sur l’état de santé du patient, préexistant à l’infection, permettant d’établir un score de gravité que l’on pourra corréler à l’évolution clinique. »

A partir de 10 000 scanners thoraciques chez des patients suspectés d’être atteints par le virus, STOIC – c’est le nom du projet – va contribuer à créer une base de données inédite sur le Covid-19 et développer de nouveaux outils fondés sur l’intelligence artificielle capables de prédire l’évolution de la maladie.

 

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Un groupe de vingt radiologues experts de la Société d’Imagerie Thoracique mobilisés sur ce projet utilise un logiciel spécifique développé par GE Healthcare qui leur permet de visualiser et d’annoter à distance les lésions pulmonaires liées au virus en contourant les zones atteintes par la maladie, mais également de renseigner les facteurs de comorbidité vasculaire, pulmonaire ou de surpoids en analysant l’aspect des artères, celui des poumons non atteints, ou encore l’abondance de graisse dans la paroi thoracique.

 

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« A partir des informations ainsi recueillies, un score de gravité est corrélé à l’évolution clinique des malades. » ajoute le Professeur Revel. « C’est cette base de données qui nous aidera in fine à mieux comprendre pourquoi certains individus développent une forme grave de la maladie. »

C’est la première fois qu’une telle quantité d’images est analysée et confrontée au devenir clinique des patients. L’ensemble des données, provenant de nombreux hôpitaux publics parisiens, mais également de Rennes, Lyon et Strasbourg, constitue une base de données sans précédent sur le Covid-19. 

Les données ainsi collectées permettront de disposer d’une masse d’information sur la maladie et ses facteurs d’aggravation jusque-là encore inégalée. Cette base de données sera accessible à la communauté scientifique et permettra de développer des solutions d’intelligence artificielle, afin par exemple de quantifier rapidement et de façon automatique l’étendue et la sévérité des lésions, d’orienter la prise en charge des patients, ou d’évaluer l’efficacité des traitements mis en œuvre.

L’expertise ainsi acquise pourra également être mise à profit pour la prise en charge d’autres maladies pulmonaires.

 

L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et la Société d’Imagerie Thoracique collaborent avec GE Healthcare, Orange Healthcare et TheraPanacea sur le Projet STOIC.